Jeudi 17 décembre 2009
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Il y a « tant de malades », en ce moment, que les livres trouvent des lecteurs, même des lectrices. Sans doute,
quand on ne peut sortir et faire des visites, on aimerait mieux en recevoir que de lire. Mais « par ces temps d'épidémies », même les visites que l'on reçoit ne sont pas sans danger.
(...)
Alors on aime mieux ne pas trop recevoir, et comme on ne peut pas téléphoner toujours, on lit. On ne lit qu'à le dernière extrémité. On téléphone d'abord beaucoup.
(Proust, Journées de lecture, 1907)
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Vendredi 11 décembre 2009
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Chacun ne représente que ce qu'il voit, et chacun ne voit que ce qui correspond à sa nature.
(Gotthard Schuh)
(dans : Le Monde, 11.12.09)
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Mardi 1 décembre 2009
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22:49
Il est curieux cependant d’observer comme, pour échapper à l’ennui de tourner dans le cercle étroit des actions
habituelles où ils ne trouvent vraiment plus grand-chose à glaner, pris du désir propre à tout romancier de conduire leurs lecteurs vers des régions inconnues, hantés malgré tout par l’existence
des « endroits obscurs », mais toujours fermement persuadés que l’acte seul les révèle, ils poussent leur personnage à accomplir des actions insolites et monstrueuses que le lecteur alors,
confortablement installé dans sa bonne conscience et ne retrouvant dans ces actes criminels rien de ce qu’il a appris à voir de ses propres conduites, considère avec une curiosité orgueilleuse et
horrifiée, puis écarte paisiblement pour retourner à ses moutons, comme il fait chaque matin et chaque soir après avoir lu les faits divers des journaux, sans que l’ombre épaisse qui baigne ses
propres régions obscures en ait été un instant dissipée.
(Nathalie Sarraute, L'ère du soupçon, note, 1956)
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Vendredi 13 novembre 2009
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«Le livre, cet objet parfait» Umberto ECO
DANS TOUTES LES LISTES DE MEILLEURES VENTES
(Grasset, Publicité, 2009)
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Lundi 12 octobre 2009
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23:27
Mentalement et physiquement, vous devez vous préparer à prendre n'importe quel travail, à n'importe quel prix,
avec le sourire.
Vous devez montrer à l'employeur que vous êtes meilleur que celui qui est éduqué, qui parle anglais, qui dispose d'un moyen de transport. Faites concurrence avec lui.
(...) Dites-moi pourquoi je devrais vous donner du travail ?
— Pour faire vivre ma famille... pour améliorer mon existence.
— Je suis meilleur que lui parce que... ?
— Parce que je suis intelligente... propre, polie... et patiente.
— Et surtout : "Parce que je suis souple. Je peux travailler pour vous la nuit, le jour, je peux travailler à l'heure que vous voulez. Si vous me faites travailler pendant les vacances, le
samedi, le dimanche, je suis là pour vous. Et l'autre n'est pas là pour vous." Vous ne devez pas dire : "Ouais", comme ça, parce que ça laisse entendre que vous doutez. Vous devez dire : "OUI !
je travaille jour et nuit, à n'importe quelle plage horaire." Parce que vous vous vendez à cet employeur.
(un formateur pour réfugiés, Catholic Charities Dallas)
(Julien Bouissou, Bhoutan-Texas L'incroyable migration, Le Monde Magazine 4, 10.10.09)
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Mardi 18 août 2009
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On ne comprend un tableau qu'une fois saisie la manière dont il montre ce qui ne peut être vu.
(William J. Thomas Mitchell, Iconologie. Image, texte, idéologie
in : Le Monde, 26.06.09)
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Mardi 16 juin 2009
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Tu es ce que tu construis et pas ce que tu dépenses.
(Shai Agassi, de Better Place)
(dans : Nathalie Brafman, Passion électrique, Le Monde 16.06.09)
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Jeudi 4 juin 2009
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08:29
... quand il parlait des charmes maléfiques qu'il avait dans sa bourse à medicine, il parlait de « la manière de devenir
riche ». J'ai toujours été convaincu que c'était un point très important dont nous, les Blancs, nous n'avons pas tenu compte. Je veux dire, quand quelqu'un possède plus qu'il n'en a besoin et en
entasse encore davantage alors que les gens qui l'entourent ont faim, c'est un très bon indice qu'il est en proie à cette maladie de la cupidité, et qu'il accumule ces richesses pour établir
qu'il est supérieur à ses amis dans le domaine de la rapacité.
(Tony Hillerman, L'homme squelette, 2004)
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Mercredi 27 mai 2009
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21:30
Expérimentations hasardeuses, aléatoires.
Faire n'importe quoi et ensuite choisir. Tout est dans le choix, plus que dans le projet, le concept... on manipule et arrivera ce qui arrivera. Créer, c'est choisir. Récupérer le déchet
autrement.
Non pas expérimenter, ce n'est pas le mot qui convient, plutôt tenter; pour moi c'est devenu une manie, un tic...
(Camille Virot, L'atelier Camille Virot, notes d'atelier, juin 07)
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Samedi 28 mars 2009
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22:25
En Amérique, beaucoup de mathématiciens deviennent rapidement limités car ils sont tenaillés par l'urgence de publier et
d'obtenir des subventions. S'ils ne sont pas experts dans un domaine, ils n'en reçoivent pas. Cela les rend très étroits d'esprit, tant dans leur savoir que dans leur attitude à l'encontre
d'autres savoirs (...). En France, les choses vont beaucoup mieux en raison de l'éducation héritée de Bourbaki, qui a développé un enseignement inter-mathématique. Un mathématicien français est
beaucoup plus instruit en mathématiques qu'un mathématicien américain.
(Misha Gromov, dans : Vivre savant sous le communisme, 1999)
(cité par Stéphane Foucart, Le Monde, 27.03.09)
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